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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 12:17

http://fr.ria.ru/images/20045/27/200452759.jpg Source : RIA Novosti.

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Published by salzenstein - dans Russie
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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 16:54

L’ouverture des Jeux Olympiques d’Hiver à Sotchi est l’occasion de jeter un coup de projecteur sur la situation économique de la Russie. Nombre de commentateurs insistent sur le coût de ces Jeux. Il est clair que coût est élevé, avec 36 milliards d’euros. Mais il est aussi clair que dans ce coût il faut intégrer le développement et la modernisation des infrastructures tant à l’échelle d’une région (le district fédéral « Sud » de la Russie) qu’à l’échelle du pays. Les causes des dépassements de budget sont nombreuses, de la sous-estimation initiale de l’ampleur des travaux jusqu’à la corruption. Mais, ces coûts ne sont que l’un des éléments dans le développement de la Russie.

En fait, l’économie russe connaît à l’heure actuelle un fort ralentissement de son économie dont la croissance qui est tombée de 3,4% à 1,5%. Ceci est un problème sérieux, mais la Russie continue d’avoir des résultats qui sont très supérieurs à la France ou à l’Allemagne. Depuis la crise de 2008-2009, dont elle est sortie rapidement en 2010, elle est à la recherche d’un nouveau modèle de croissance. La dynamique des années qui ont précédé la crise financière de 2008 ne saurait en effet être reproduite à l’identique aujourd’hui. Si l’économie s’est rétablie depuis 2010, la croissance reste relativement faible, et elle a baissé de manière particulièrement importante depuis l’automne 2012, avec une baisse particulièrement sensible de l’investissement. Cela pose la question de l’identification des causes de ce ralentissement, causes qui sont à la fois conjoncturelles et structurelles, mais aussi de ce que devrait être une nouvelle politique économique et de ce que plus d’intégration à l’échelle du continent eurasiatique pourrait apporter à la Russie.

I. Des facteurs conjoncturels

Bien entendu, des facteurs conjoncturels expliquent en partie cette situation de fort ralentissement de lé croissance. Ce dernier est lié, en partie, à des facteurs sur lesquels les autorités russes n’ont pas vraiment de prise.

Les matières premières

On peut exclure, aussi surprenant que cela soit, la question des hydrocarbures. En effet, l’évolution récente des prix comme des quantités vendues, si elle reflète les problèmes économiques des pays importateurs (essentiellement l’Europe) a été plutôt stable ces derniers mois. En fait, si les exportations de pétrole ont connu une très forte augmentation depuis 2000, le prix apparent de ces exportations n’a augmenté que depuis 2004. Les volumes ont eu tendance à baisser (mais sont restés stables lors de la crise de 2008-2009), ce qui correspond, dans une période récente, au ralentissement de l’activité en Europe. Les prix, par contre, ont été sensibles à la crise, puisqu’ils sont passés de 800 dollars à 300 dollars au début de la crise, mais sont rapidement remontés par la suite se stabilisant autour de 750 dollars à la tonne.

Pour les exportations de gaz, ici aussi, ce sont les mouvements des prix qui sont les plus instructifs. Après une forte hausse à partir de 2004, ils ont eu tendance à se stabiliser (sauf pendant la crise de 2008-2009). Ils restent encore aujourd’hui à un niveau élevé. Ce n’est donc point des hydrocarbures, et plus généralement de la logique de l’économie de rente, que proviennent les difficultés actuelles de la Russie. Rappelons ici que les hydrocarbures sont importants pour le budget bien plus que pour le PIB. Ils représentent 10% du PIB, mais  50% des revenus budgétaires[1].

L’influence de la crise en Europe

La croissance en Europe est, on le sait bien, elle aussi très faible depuis 2011. C’est une conséquence de la crise de l’Euro et de la politique brutale d’austérité imposée dans les faits par l’Allemagne. Or, l’Europe est le principal partenaire commercial de la Russie, même si l’on constate que la part de la Chine, ainsi que celle de l’Inde, augmente de manière rapide.

Tableau 1

Part des pays/zones dans le commerce extérieur de la Russie

Source : Service d’État des Statistiques

Cette faible croissance européenne ne peut qu’avoir des conséquences néfastes sur la dynamique économique russe.  En particulier, la contraction très forte de l’économie espagnole et de l’économie italienne ont eu des conséquences très néfastes sur les exportations de produits métallurgiques. Et l’avenir n’est pas rose. Si l’Espagne a stabilisé son économie, mais à un niveau de 8% plus faible qu’en 2008 et avec un chômage reparti à la hausse, l’Italie continue d’être en récession. La France connaît elle aussi des difficultés persistantes.

La politique monétaire

Un autre facteur conjoncturel doit aussi être noté : c’est la politique de la Banque Centrale. Cette dernière maintient des taux d’intérêts réels élevés, alors que les Banques Centrales des principaux pays ont baissé leurs taux, tant nominaux que réels, de manière impressionnante. Ceci freine tout à la fois la consommation et l’investissement. La politique menée par la Banque Centrale de Russie s’est jusqu’à maintenant caractérisée par un objectif prioritaire : le contrôle de l’inflation. Il est renforcé par l’adoption d’une politique dite de « ciblage d’inflation »[2]. Les taux de la banque Centrale ont baissé, mais restent néanmoins très élevés et constituent des freins importants au processus d’investissement. Le taux de refinancement de la Banque Centrale, qui sert de taux directeur pour les différentes institutions financières en Russie est revenu à 8,25%, alors que le taux d’inflation est aux alentours de 6,50%. Cela implique que le taux réel est de 1,75%. À titre de comparaison, le taux nominal est de 0,1% au Japon, de 0,25% aux Etats-Unis et de 0,5% dans la zone Euro. En termes réels, cela implique, compte tenu du taux d’inflation, un taux de -1,8% au Etats-Unis et de +0,1% dans la zone Euro. L’écart est donc important pour la Russie. La conséquence en est que les banques russes s’endettent massivement sur les marchés financiers étrangers car le coût des ressources financières en Russie y est trop élevé. Bien entendu, ceci a des conséquences immédiates tant pour les ménages que pour les entreprises privées, et en premier lieu pour les petites et moyennes entreprises.

L’investissement

Une large part de l’investissement est le fait des grandes entreprises russes qui se sont internationalisées. Ces entreprises peuvent emprunter sur les marchés financiers internationaux, et ne sont pas tributaires du crédit interne en Russie. Mais, la situation est, bien entendu, différente pour les petites en moyennes entreprises. Ces dernières n’ont pas accès aux marchés financiers et sont dépendantes, que ce soit pour le financement de leurs opérations courantes ou pour l’investissement, dans banques russes, et donc de la politique de la Banque Centrale. La politique monétaire n’a donc pas seulement des effets quantitatifs sur l’offre de crédits, mais aussi des effets qualitatifs. Il pénalise avant tout les petites et moyennes entreprises et il va contribuer à une dégradation progressive de la qualité des actifs bancaires en raison des effets induits du ralentissement de l’activité.

La contraction de la demande interne

Alors que le taux de croissance des dépenses (biens et services) a été pendant longtemps supérieur au taux de croissance du revenu monétaire disponible, la hausse importante des taux d’intérêts réels a conduit les ménages à restreindre le recours au crédit pour financer leurs dépenses (essentiellement pour l’électroménager, l’automobile et pour les achats de logements). Ceci a eu des implications importantes pour les producteurs russes (qu’ils soient des entreprises russes ou des entreprises étrangères installées en Russie). On peut considérer que la politique monétaire menée par la banque Centrale a aussi largement contribué au ralentissement fort de la croissance que l’on a connu depuis la fin de 2012. De fait, les taux réels montrent une poussée brutale au début de 2012, qui culmine à la fin du printemps de cette année. Or, c’est à ce moment-là que la croissance et l’investissement ont commencé à se réduire fortement.

La surévaluation du rouble

Ajoutons que le taux de change du Rouble par rapport au Dollar américain reste surévalué. Ceci est du à la politique menée par la réserve Fédérale américaine mais aussi à la politique, trop prudente, de la Banque Centrale de Russie. Le gouvernement russe est aujourd’hui très soucieux d’une stabilisation du taux de change.  La Banque Centrale de Russie a ainsi dépensé plus de 11 milliards de dollars pour soutenir le cours du Rouble. Elle peut indiscutablement se le permettre quand on regarde l’ampleur des réserves accumulées. En fait, on voit bien qu’il n’y a pas de risque de déstabilisation monétaire du pays. La balance commerciale est massivement en excédant et la balance des paiements équilibrée. Pourtant, il est clair que le gouvernement réagit de manière très épidermique sur cette question, incontestablement la conséquence de la grande crise financière que le pays a connue en 1998. C’est pourquoi il assimile la stabilité du taux de change à la stabilité politique.

Or, ceci n’est pas sans conséquences sur la compétitivité de l’industrie russe, non pas tant par rapport aux Etats-Unis mais par rapport aux pays d’Asie dont la monnaie est en réalité indexée sur le Dollar (à l’exception du Japon, mais qui a lui aussi déprécié sa monnaie).

II. Qui ne doivent pas masquer des problèmes structurels

La question des banques fait le lien entre les causes conjoncturelles de ralentissement de la croissance et les causes structurelles. En apparence, tout se conjugue pour que la Russie ait une forte croissance. Pourtant, celle-ci n’est pas au rendez-vous. Or, ceci est paradoxal quand on regarde l’ampleur des gains de productivité ces dernières années. Bien sûr, ces gains s’expliquent par un niveau de productivité assez bas (qui se situerait à 40% de l’Allemagne et 33,5% de la France[3]). Mais ces gains auraient dû engendrer une croissance potentielle forte.

Le paradoxe de forts gains de productivité et l’évolution de la croissance potentielle

Les gains de productivité du travail, qui avaient baissé durant la crise de 2008, sont à nouveau très importants, avec 4% par an pour l’ensemble de l’économie et 5% pour l’industrie manufacturière. C’est même une caractéristique de l’économie russe qui tranche avec la situation des Etats-Unis, où ces gains sont faibles, mais aussi de l’Union européenne.

Graphique 1

Productivité

Source : Service Fédéral d’État des Statistiques (FSGS) :http://www.gks.ru/wps/wcm/connect/rosstat_main/rosstat/ru/statistics/accounts/#

Normalement, et logiquement, la croissance de la Russie devrait être forte. Si l’on cherche à estimer la croissance potentielle, en se fondant à la fois sur le rythme des gains de productivité, sur les besoins de l’économie russe et sur le rythme de progression de la consommation, on arrive à des taux annuels de 6% à 7% jusqu’en 2020[4]. Pourtant, la croissance a été pour 2013, de l’ordre de 1,5%. La Russie est bien confrontée à des problèmes structurels qui expliquent aussi ce décalage particulièrement important entre la croissance potentielle et la croissance réellement enregistrée.

Le système de financement de l’investissement

La nature du système de financement de l’économie russe en est un. Il est aujourd’hui largement inefficace. Les banques russes préfèrent opérer soit sur les marchés étrangers, soit sur des marchés captifs (comme celui des entreprises du secteur des hydrocarbures). Ce comportement s’explique tant par la structure de leurs bilans que par la faiblesse d’un marché interbancaire.

La Banque Centrale mène certes une politique d’assainissement de ce secteur, mais elle est trop lente. Les banques privées ne faisant pas leur travail, il est donc de la responsabilité de l’État de mettre en place des structures bancaires, publiques ou para-publiques, qui soient en mesure de financer l’économie. En ce qui concerne le niveau de l’investissement, ce dernier après avoir chuté de manière spectaculaire avec la crise de 2009, avait recommencé à croître de manière importante. Mais, depuis la seconde moitié de 2012, sa croissance ce réduit et, depuis l’été 2013, elle est négative. Ceci est inquiétant car l’investissement est une des conditions essentielles de la modernisation des entreprises.

Graphique 2

 Invest

Source : Banque Centrale de Russie

Cette faiblesse du système financier oblige les entreprises à de se reposer soit sur l’autofinancement, mais dont la hausse récente indique plus l’incapacité du système de financement qu’autre chose, soit à des financements non bancaires venant d’autres entreprises.

L’efficacité des investissements et les prix des monopoles naturels

Nous sommes alors confronté à autre problème structurel, qui est celui du niveau et de l’efficacité des investissements. Et ceci nous ramène à Sotchi. On a beaucoup glosé sur les « coûts » et le fait que la somme finale soit le triple de ce qui avait été initialement prévu. Ici se conjuguent des phénomènes d’incompétences (tant publique que privée), de corruption (bien entendu) et de manque de coordination. Cet état des choses est en général lié à l’investissement public. Mais, Dani Rodrik explique bien que tout investissement est un acte incertain, et qu’il vaut mieux dépenser trop que pas assez[5]. En fait, ces problèmes se retrouvent tout autant dans les investissements publics que privés. Ils mettent en cause tant une certaine inexpérience des entreprises sans la gestion des projets d’investissements que le fait que très souvent ces derniers représentent des opérations uniques sur lesquelles il est très difficile d’établir des termes de comparaison. Des gains en efficacité sont parfaitement possibles à court terme, mais ils impliquent tout autant une acquisition d’expérience, chose qui ne se fera pas sans coût, que de remettre en cause des rentes de situations et souvent sur ce point le secteur privé va défendre des pratiques de monopoles qui ne sont plus tolérables[6]. Quant aux phénomènes de corruption, s’ils sont évidents, ils sont cependant loin d’expliquer la dérive des coûts que l’on a connue. Le risque est de restreindre par trop l’investissement sous prétexte de lutter contre la corruption. Or, la Russie souffre actuellement d’un investissement trop faible. D’où l’idée d’une croissance tirée par l’investissement, qui est défendue par de nombreux auteurs.

Reste le problème des grands monopoles d’État. Vladimir Poutine a décidé de geler les prix du gaz naturel pour 2014[7], et espère que cette mesure aura une influence bénéfique sur la compétitivité globale de l’économie russe. Une mesure analogue avait été prise par Evguenny Primakov en septembre 1998. Redonner de la compétitivité est bien ce qu’espère Vladimir Poutine de cette mesure qui considère, non sans raison qu’une économie compétitive attire les investissements.

En fait, on voit bien que le gel des prix internes du gaz aura des effets positifs sur deux branches industrielles (la métallurgie et la chimie de base) mais aussi sur les revenus des ménages, et en particulier des plus modestes. Les hausses de revenus pour les entreprises qui se situent en amont dans le processus de production pourraient soit aboutir à des gains de parts de marché (ce qui indirectement devrait se traduire par de nouveaux investissements) soit engendrer des investissements supplémentaires. Les gains en revenu pour les ménages, compte tenu de l’ampleur de l’épargne, pourraient les inciter à consommer plus, et donc à relancer le marché intérieur.

Mais, en septembre 1998, cette mesure s’était accompagnée d’une très forte dépréciation du Rouble. Il faudrait aujourd’hui que le Rouble se déprécie de 10% à 15% en termes de taux de change réel, soit une dépréciation nominale de 15% à 20%, pour que cette mesure soit réellement efficace.

La structure de l’industrie

Un autre problème, mais qui n’a pas de conséquences immédiates, est celui de la structuration de l’industrie, qui reste étroitement dépendante des grandes entreprises, russes ou étrangères, publiques ou privées. Le secteur extractif, qui restera dans les prochaines décennies l’un des points forts de l’économie russe, pourrait être la source du développement d’une industrie à haute technologie. L’extraction et la transformation des matières premières impliquent des produits sophistiqués et diversifiés. Un secteur innovant peut se développer, mais à la condition qu’il ne soit pas écrasé par les grandes entreprises et que la propriété intellectuelle voit ses droits garantis.

III. Quels chemins emprunter à l’avenir ?

L’économie russe doit à l’évidence évoluer et se transformer si elle veut continuer d’avancer. Mais, ceci remet en cause le modèle de développement largement fondé sur les exportations qui a été suivi, non sans succès d’ailleurs, ces dix dernières années. Ce modèle doit donc évoluer dans deux directions.

L’intégration Eurasiatique

Le modèle de développement de la Russie doit d’une part céder la place à un modèle plus largement autocentré, sur la Russie tout comme sur les pays qui l’entourent. Cela implique diverses mesures. La première concerne à l’évidence la protection du marché intérieur et l’amélioration de la compétitivité, par une dépréciation du rouble. De fait, celle-ci est en train d’avoir lieu.

Graphique 3

Taux de change du Rouble contre le Dollar

 TdChng

Source : Bloomberg, http://www.bloomberg.com/quote/USDRUB:CUR

La seconde mesure importante consiste dans l’institutionnalisation du cadre de coopération, tant avec les pays de la CEI qu’avec la Chine et les pays de l’Extrême-orient, qui sont les principaux « moteurs » de croissance pour les années à venir. La troisième consiste à donner un véritable contenu de coopérations industrielles à l’Union Douanière qui se met en place. De ce point de vue, il est évident que l’intérêt de la Russie serait de diversifier ses partenaires et d’accroître fortement ses exportations vis-à-vis de la Chine. Mais, ceci va prendre du temps. On notera par contre que le commerce avec la CEI (essentiellement la Belarus, le Kazakhstan et l’Ukraine) est bénéficiaire.

Graphique 4

 G2-Import russes

Source : Service Fédéral des Statistiques

On constate que les échanges ont fortement progressé depuis ces dernières années.

Mais, ceci implique la définition d’une réelle politique de la Russie par rapport à l’Ukraine. On sait les tensions qui existent aujourd’hui entre l’Union européenne et la Russie au sujet de ce dernier pays. En réalité, l’avenir économique de l’Ukraine semble bien devoir s’écrire dans un partenariat avec la Russie. L’industrie, et globalement l’économie, de l’Ukraine reste très largement un segment de l’industrie russe. Mais, et ceci est peut-être le plus important, si l’on regarde les perspectives de ces prochaines années, la situation économique de l’Union européenne ne se compare pas aux possibilités et aux potentialités du marché de l’Union Douanière. Cette dernière peut devenir rapidement une zone de forte croissance. L’intérêt bien compris de l’Ukraine serait donc de se rapprocher de la Russie, et l’intérêt bien compris de l’Union européenne serait d’en prendre acte.

Les investissements croisés

D’autre part, les formes de l’intégration internationale de l’économie russe doivent évoluer. Dans ce domaine aussi une logique de coopération industrielle doit se substituer à la logique de fournisseur de matières premières qui a dominé jusqu’alors.

Ceci, cependant, pose un problème à de nombreux pays – dont la France – sans que l’on comprenne très bien pourquoi. Pourquoi voit-on des opérations qui pourraient être fructueuses tant pour l’industrie française que pour l’industrie russe être freinées, voire bloquées, tant par la frilosité des banques que par les mauvaises manières de l’administration ? Les arguments avancés (la crainte de blanchiment de capitaux) sont futiles et dérisoires quand on regarde la liste des partenaires russes. Il y a une russophobie instinctive des milieux bancaires et de Bercy, russophobie qui ne repose sur rien de concret qui soit avouable. En fait, la Russie ne semble pas ici faire exception dans l’ensemble des pays émergents, d’après Alexandre Ivlev[8], le Directeur d’Ernst & Young pour la Russie.  Il est donc particulièrement important que se mettent en place des logiques d’investissements croisés, que des entreprises russes puissent enfin librement investir en France et réciproquement des entreprises françaises en Russie. La part des investissements directs n’a en effet cessé de monter depuis l’an dernier. Des efforts sont faits dans ce sens, tant par des entreprises françaises qui comprennent que la Russie est une chance pour elles, que par des industries russes. Mais, ici, il est clair qu’un signal fort doit être envoyé par le Ministère des Finances français.

À l’avenir, il est clair que les investissements directs étrangers resteront un aiguillon important de la modernisation de l’économie russe. Mais, pour cela, il faut que le contexte conjoncturel s’améliore aussi. Réformes structurelles et conjoncturelles ne s’opposent pas, mais doivent au contraire se combiner.

Le rôle de la politique budgétaire

C’est la politique budgétaire qui, jusqu’à maintenant, a eu la charge de limiter les dégâts. De fait, les dépenses de fonctionnement, dépenses sociales et salaires des fonctionnaires ont été en augmentation depuis la fin de 2012. Il faut signaler ici les effets du cycle électoral que la Russie a connu en 2011 et 2012. De même, les dépenses d’investissement public ont largement contribué à maintenir l’activité. Ces dépenses expliquent largement la croissance résiduelle de l’économie.

Pourtant, depuis le début de l’année, on assiste à un resserrement progressif de ces dépenses. Pour les 7 premiers mois de l’année 2013 les dépenses du budget fédéral se sont montées à 17,8% du PIB alors qu’elles avaient atteint sur la même période de 2012 les 20,3%. Les prévisions pour 2013 indiquent une réduction moins forte, mais toujours bien réelle, avec des dépenses à 19,8% du PIB contre 20,6% en 2012. Les orientations budgétaires pour 2014 apparaissent alors comme contradictoires. Les dépenses de défense vont connaître une augmentation sensible, car les forces armées russes sont engagées dans un cycle de modernisation du matériel. Ces dépenses auront un effet d’entraînement sur les secteurs à haute valeur ajoutée, et contribueront ainsi à la croissance. Mais, d’un autre côté, le gouvernement annonce un budget en équilibre, et une contraction des autres dépenses de fonctionnement, en particulier celles qui concernent la santé. Tout se passe comme si le gouvernement, après les forts déficits enregistrés en 2009 et 2010, souhaitait revenir aux imposants excédents d’avant la crise.

Graphique 5

Budget

Source : Comité d’État aux Statistiques de la fédération de Russie,http://www.gks.ru/free_doc/new_site/finans/fin29g.htm

On comprend bien que le gouvernement russe entend ne pas trop s’endetter afin de conserver les coudées franches en politique internationale. C’est un objectif louable, mais qui n’est pas réellement d’actualité avec une dette publique égale à moins de 10% du PIB. La politique budgétaire semble donc répondre à des considérations qui n’ont que peu à voir avec la conjoncture économique. Mais, ces considérations risquent d’être remises en question par les conséquences politiques potentielles de la faible croissance.

IV. Un changement de politique s’impose

Il est donc clair aujourd’hui qu’une nouvelle politique économique va s’imposer pour la Russie tant à la fois pour ses équilibres politiques internes que si elle veut occuper le rang international que sa diplomatie a contribué à lui donner. Les facteurs internationaux tirant vers le bas la croissance économique, et en particulier la situation européenne, vont durer encore pour de nombreux mois. Le ralentissement prévisible de la croissance américaine au 1er Trimestre 2014 devrait avoir un effet négatif sur la croissance européenne, qui se répercutera sur la Russie. Or, la Russie ne peut se permettre aujourd’hui une trop longue période de stagnation. Certes, les Investissements Directs Étrangers ont connu une hausse importante[9]. Mais cela ne suffira pas à redonner à la croissance économique son lustre d’antan même si cela constitue un bon indicateur de l’attractivité économique. La Russie doit donc trouver en elle-même les sources d’une croissance forte, en coopération avec ses partenaires, tant asiatiques qu’européens. Elle doit pour cela cesser de fétichiser la stabilité de son taux de change. Il semble bien que cela soit ce qui se passe depuis le début du mois de janvier 2014.

L’arbitrage se fera donc entre la politique monétaire et la politique budgétaire. Aujourd’hui c’est bien la politique monétaire qui offre le plus de possibilités d’aménagements. La Banque Centrale de Russie a annoncé sa décision de cesser d’intervenir sur le marché des changes et de passer à une politique dite de ciblage de l’inflation[10]. Il reste à voir quelle sera la politique de la Banque Centrale durant cet hiver et ce printemps. La politique de ciblage de l’inflation n’est pas adaptée à la situation de la Russie. Mais la Banque Centrale indique de telles marges de fluctuations par rapport à se cible (5% pour 2014 avec +/- 1,5%[11]), que cela peut être compris comme une politique « neutre » vis à vis de l’inflation. Par ailleurs, aujourd’hui, il est clair que la Banque Centrale a décidé de laisser le rouble se déprécier entre 15% et 20% afin de rétablir la compétitivité de l’industrie russe, ce qui confirme notre analyse antérieure sur le taux de change réel.

Le second point qui va aussi imposer un changement de politique est la situation monétaire internationale. Si la Russie veut sérieusement avancer vers la définition d’une nouvelle monnaie internationale, de concert avec les autres pays du groupe des BRICS, elle doit admettre qu’il faudra émettre de la dette dans ce nouvel instrument monétaire. L’endettement international, s’il reste bien entendu modéré, est l’une des conditions absolument nécessaires pour que se constituent les masses de liquidité qui permettront à cet instrument d’être utilisé, tant pas les États que par les agents privés. De ce point de vue aussi des changements importants s’annoncent pour la politique économique si elle veut se hisser au niveau de ses nouvelles responsabilités.

 


[1] Orlova N., Macro Insights, Alfa-Bank, 1er octobre 2013.

[2] Sapir J., « What Should Russian Monetary Policy Be » in Post-Soviet Affairs, Vol. 26, n° 4, Octobre-Décembre 2010, pp ; 342-372.

[3] V. Ivanter, A. Nekipelov et S. Glaziev (en russe) « Les priorités du développement socio-économique de long terme », p.84, http://www.ras.ru/news/Shownews.aspx?id=4f0a07fe-8853-4eda-9428-574f5fcf0654#content

[4] V. Ivanter, A. Nekipelov et S. Glaziev (en russe) « Les priorités du développement socio-économique de long terme », op.cit., tableau 2, p. 38.

[5] Rodrik Dani, The Return of Industrial Policy, Project Syndicate, April 12, 2010, URL,http://www.project-syndicate.org/commentary/the-return-of-industrial-policy

[6] Sapir J., « Soglasovanie vnytrennykh u mirovykh cen na cyr’evye produkty v strategii yekonomitchekogo razvitija Rossii », [ Dynamiques des prix mondiaux et internes des matières premières dans la stratégie de développement économique de la Russie] in Problemy Prognozirovanija, n° 6 (129), 2011, pp. 3-16.

[7] E. Pismennaya, « Putin Bets on Gazprom Purge as Slowdown Threatens Legacy », Bloomberg, 25 novembre 2013, http://www.bloomberg.com/news/print/2013-11-24/putin-bets-on-gazprom-purge-as-slowdown-threatens-legacy.html

[8] Alexander Ivlev, «To be honest, Russia is not as bad as many people think – it’s doing quite well, actually. In fact, taking into account such indicators as capital outflow and FDI Russia appears to be in standard shape of an export-oriented country»http://www.forbes.com/sites/markadomanis/2013/01/03/a-further-clarification-on-russian-capital-flight-from-alexander-ivlev-managing-partner-for-ernst-and-young-russia/

[9] Banque Centrale de Russie, données sur site internet, URL :http://www.cbr.ru/eng/statistics/print.aspx?file=credit_statistics/dir-inv_bop_e.htm&pid=svs&sid=itm_33421

[10] Banque Centrale de la Fédération de Russie, Guidelines for the Single State Monetary Policy in 2014  and for 2015 and 2016, document approuvé par le Board of Directors, 8 novembre 2013, Moscou.

[11] Idem, p. 13.

 

Source : http://russeurope.hypotheses.org/1960 

Exportations 

2008

2009

2010

2011

EU

52,3%

31,6%

41,1%

51,2%

Chine

4,5%

3,6%

4,3%

7,5%

Inde

1,1%

1,3%

1,4%

1,3%

Etats-Unis

2,9%

2,0%

2,7%

3,6%

CEI

14,9%

14,9%

15,0%

13,5%

Importations

2008

2009

2010

2011

EU

53,0%

34,3%

43,3%

57,9%

Chine

17,0%

11,2%

19,1%

23,7%

Inde

0,8%

0,7%

1,1%

1,4%

Etats-Unis

6,8%

4,5%

5,5%

7,2%

CEI

17,9%

16,6%

18,5%

17,8%

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Published by Jacques Sapir - dans Russie
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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 11:22

ban-ki-mun10 2Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a souligné dans le rapport consacré à la situation au Kosovo-Métochie que l’année dernière avait été marquée par un progrès important sur le plan politique qui a culminé par l’accord de Bruxelles de Belgrade et de Pristina et en 2014 il faut consolider les acquis du dialogue sur la voie de la réconciliation régionale, de la stabilité et du progrès. Ban a indiqué dans son rapport que les deux parties avaient réalisé du progrès dans le rapprochement de l’UE aussi et il a salué la décision du Conseil européen d’entamer les négociations d’adhésion avec la Serbie. Les entretiens de Belgrade et de Pristina étaient importants pour ce succès et ils seront très importants pour maintenir le progrès réalisé malgré de différentes interprétations et tensions sur le terrain, a constaté Ban. Il a souligné le succès des élections au Kosovo-Métochie, ce qui ouvre une nouvelle dynamique politique et mè à la pleine implémentation de l’accord de Bruxelles et à la formation de la Communauté des municipalités serbes.

 

Source : voice of Serbia.

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Published by salzenstein - dans Serbie
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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 11:20

http://voiceofserbia.org/fr/sites/default/files/styles/large/public/field/image/kosovo-mapa1_36.jpg?itok=YyIGFW3vDans toutes les quatre municipalités dans le Nord du Kosovo-Métochie, à la population majoritaire serbe, un peu avant minuit se sont terminées les sessions constitutives et ont été élus le sprésidents des assemblées des municipalités. A Mitrovica Nord la présidente de l’assemblée de la municipalité est Ksenija Bozovic de l’Initiative civique „Serbie, démocratie, justice“ d’Oliver Ivanovic. A Leposavic a été élu Zoran Todic de l’Initiative civique Srpska. A Zvecan – Darko Radovanovic de „Serbie, démocratie, justice“, et à Zubin Potok – Nemanja Jaksic de l’Initiative civique Srpska. A minuit a expiré, conformément à l’accord de Bruxelles, le délai légal dans lequel les nouvelles assemblées ont du être constituées car dans le cas contraire, des élections anticipées auraient du être organisées.

 

Source : voice of Serbia.

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 11:19

http://voiceofserbia.org/fr/sites/default/files/styles/large/public/field/image/studman.jpg?itok=XSgGG7gWLa Serbie est une locomotive qui lance les processus régionaux dans la bonne direction, a constaté à Belgrade le représentant spécial du président en exercice de l'OSCE pour les Balkans occidentaux Gérard Stoudmann. Lors de l'entretien avec le président de l'Assemblée nationale Nebojsa Stefanovic il a félicité la Serbie du progrès dans le processus des intégrations européennes et des réformes réussies. Stefanovic a reçu Stoudmann au début du mandat en qualité de représentant spécial qu'il exercera en 2014 et 2015 dans le cadre de la présidence suisse et serbe de l'OSCE. Stefanovic et Stoudmann ont indiqué qu'ils étaient ouverts à la coopération dans la prochaine période en vue du développement et de la stabilité de la région.

 

Source : voice of Serbia.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 17:03

http://pcfmontbeliard.files.wordpress.com/2012/02/logo_pcf_fdg_cartouche_cmjn.jpg?w=373&h=165Les militants du parti communiste à Audincourt, participent et portent avec enthousiasme à la liste «Audincourt à Gauche et Solidaire »  pour les élections municipales du 23 mars 2014. Une liste unitaire, pluraliste qui rassemble 1 autres organisations de la gauche radicale et écologique, le Parti de Gauche, ainsi que des syndicalistes, des militant-e-s associatifs, des écologistes, des citoyens ordinaires, des jeunes et des moins jeunes.

Face au PS hégémonique qui gèrent la crise capitaliste sur le dos du monde du travail, des femmes et de la jeunesse, et fait ainsi le lit du racisme et de la xénophobie, le parti communiste estime que le Front des Gauches offre la possibilité d’exprimer une voix radicalement à gauche contre la diversion et les menaces de la crise politique et institutionnelle Française.

Une voix indispensable aujourd’hui pour encourager les résistances et les luttes sociales, pour souligner les véritables problèmes et avancer les véritables solutions capables de répondre à l’urgence sociale et écologique.

Le parti communiste du Pays de Montbéliard appelle celles et ceux qui ont le cœur à gauche, héritiers du front populaire, communistes, socialistes, écologistes, simples citoyens, à unir leurs efforts pour que cette voix se fasse entendre le plus fort possible. Nous appellons nos militants, sympathisants-es et tous les électeurs-trices qui ont voté pour les listes Front de Gauche aux élections présidentielles et législatives de juin 2013 ou a avoir cru au changement …. à apporter leur vote et leur soutien actif à la campagne de nos camardes audincourtois.

Signez le formulaire de soutien !

Voir le lien sur le site http://pcfmontbeliard.wordpress.com/2014/02/09/le-pcf-du-pays-de-monteliard-membre-du-fdg-vous-appelle-a-soutenir-avec-enthousiasme-la-liste-audincourt-a-gauche-et-populaire/ 

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:27

Tan2014-2-10_9491316_3.jpgA la réunion avec le président du Groupe des socialistes et des démocrates au Parlement européen, Hanes Svoboda, le premier vice-président du gouvernement de Serbie Aleksandar Vucic a fait savoir que la Serbie est le facteur de stabilité et de prospérité dans la région. Le vice-premier ministre a rappelé le grand progrès réalisé par la Serbie dans l’accomplissement des conditions pour l’adhésion à l’UE et qu’après les élections sera adoptée une gamme de lois réformistes très importantes. Notre but est de conclure le processus de négociations jusqu’en 2018/2019, de sorte que la décision sur l’adhésion incombe ensuite à l’UE, a souligné Vucic. Svoboda a félicité la Serbie des résultats réalisés dans l’intégration européenne et dans le dialogue Belgrade-Pristina, soulignant que le Parlement européen apportera son soutien à Belgrade dans la suite des négociations avec l’UE.

 

Source : voice of Serbia.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:25

http://voiceofserbia.org/fr/sites/default/files/styles/large/public/field/image/eu-srbija7_3.jpg?itok=BVeq7vInLa délégation du groupement social-démocrate au Parlement européen, conduite par son président Hanes Svoboda, a exprimé l’attente que la Serbie soit le prochain Etat des Balkans occidentaux à devenir membre de l’UE. Lors de l’entretien avec les membres du Comité pour l’intégration européenne du Parlement de Serbie, Svoboda a exprimé la conviction que la Serbie a le courage et la force pour dépasser, avec succès, tous les défis du processus d’association, mais aussi pour être le leader de la région. Un rôle tellement important de la Serbie provient, selon lui, de sa situation géographique, des dimensions de son territoire et du patrimoine historique.

 

Source : voice od Serbia.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:06

http://cdn.ruvr.ru/2014/02/09/1178016559/9pictu.jpgPar "La Voix de la Russie" : Un scandale vient d’éclater entre l’UE, l’Ukraine et la Chine.

L'Ambassadeur de la RPC en Ukraine Zhang Xiyun a publiquement démenti l’affirmation du ministre polonais des affaires étrangères Radoslaw Sikorski selon laquelle Pékin exige de Kiev qu’il signe l’accord d’association avec l’Union européenne. En attendant, la Chine est en train d’intensifier sa pénétration économique et financière en Crimée.

Le diplomate polonais voulait faire passer le faux pour le vrai, ce qui a fait fortement avancer les discussions concernant les intérêts de la Chine en Ukraine. Radoslaw Sikorski a déclaré que Pékin a affirmé que ses investissements dans l’économie ukrainienne se feront à condition que Kiev signe l’accord d’association avec l’UE.

Connaissant la politique étrangère prudente et multidirectionnelle que mène la RPC, le démenti ne s’est pas fait attendre.

« J’avais des doutes quant à la véracité et l’exactitude des propos de Monsieur Sikorski. Il est possible que ces doutes soient liés à une mauvaise traduction »,a indiqué l’Ambassadeur chinois.

Il faut tenir compte du fait que les divergences entre la Chine et le ministre polonais des Affaires étrangères s’inscrivent dans le cadre des relations ambiguës entre Pékin et Bruxelles. Comme le rappelle à La Voix de la RussieAlexeï Maslov, directeur du département d’Etudes orientales au Haute collège d’économie, la RPC a proposé dès 2011 une aide à l’UE pour lutter contre la crise, à condition que l’UE aide la Chine à remplir une des trois conditions : soit augmenter le statut de la RPC au sein du FMI, soit étendre les droits de la Chine dans le système de l'OMC, soit annuler l'embargo de l'UE sur les exportations vers la Chine d'armes européennes. L’UE a jugé ces conditions « humiliantes et dangereuses ».

« Toute la politique chinoise et la culture politique traditionnelle se basent sur le fait que la Chine calcule de manière tout à fait correcte les étapes qui suivront. Il ne s’agit pas de philanthropie, la Chine désire en effet «entrer en Europe »,poursuit Alexeï Maslov. « Ce processus a commencé pendant la crise de 2008-2009. Actuellement la Chine a une véritable chance de contrôler des secteurs entiers de l’industrie européenne. »

C’est pourquoi, sous couvert des pourparlers avec les représentants de l’UE, Pékin serait en train d’intensifier ses efforts visant à renforcer ses positions financières et économiques dans les régions stratégiquement importantes pour l'Ukraine, et avant tout en Crimée. En janvier dernier, les médias chinois et la Direction de la politique d’information de la république autonome de Crimée ont annoncé la signature à Pékin d’un mémorandum sur la création d’un projet pilote d’intégration dans le secteur agro-industriel.

La Chine ne cache pas ses intentions d’élargir la coopération dans d’autres domaines, s’intéressant à d’autres marchés et territoires pour y construire des unités de production. Et les autorités de la Crimée le comprennent bien. Ce n’est pas par hasard que la Direction de la politique d’information de la région a souligné que « la partie chinoise est d’accord avec les exigences du gouvernement de la Crimée sur l’utilisation de la main d’œuvre locale et du maintien du statut de propriété de l’Ukraine sur toutes les terres exploitées par la Chine. »

En Crimée, on a déjà adapté des scénarios géopolitiques à cette question. Le directeur des relations extérieures du Mejlis (parlement) du peuple tatar de Crimée Ali Khamzine suppose que la partie orientale d’Ukraine, et notamment la Crimée, va rester à jamais dans la zone d’intérêts géopolitiques russo-chinois.

« La Russie et la Chine ne sont pas des alliés militaires officiels », rappelle à La Voix de la Russie le rédacteur en chef du magazine Natsionalnaïa oborona (Défense nationale) Igor Korottchenko. Mais dans le cadre du partenariat, nous voulons la paix et la stabilité à nos frontières. Le fait que la Russie et la Chine coopèrent dans le domaine militaire, qu’ils organisent des exercices militaires conjoints et des consultations - tout cela a un effet positif sur la dynamique globale des relations.

Cependant, vu le discours antirusse d’un certain nombre de politiques d’Ukraine à l’heure actuelle, il ne fait aucun doute que les « horreurs sino-russes » feront l'objet d'une forte demande sur l’ « EuroMaïdan » et dans d’autres « points chauds d’Ukraine ». T

Source : La Voix de la Russie.

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 17:16

A Besançon, je soutiens et j'appelle à voter pour la liste d'union PS-PCF-EELV menée par notre maire sortant PS Jean-Louis Fousseret, à laquelle participent notamment nos camarades du PCF, Christophe Lime, Solange Joly, Annie Ménétrier (élu-e-s sortants), Elsa Maillot, Thibaut Bize, Laetitia Simon, Emile Briot et Clément Delbende!

 

Voici la liste d’union conduite par Jean-Louis Fousseret pour Besançon, composée de candidats socialistes, écologistes, communistes et issus de la société civile, a été présentée officiellement samedi 8 février 2014.

http://www.jlf2014.net/site/wp-content/uploads/2014/02/Liste-Dunion-Conduite-Par-Jean-Louis-Fousseret-Tous-Pour-Besancon-Photo-Groupe.jpg

 Cliquez ici pour accéder directement aux liens de téléchargement de la liste.

 

Source: http://www.jlf2014.net/site/la-liste-tous-pour-besancon/ 

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